Bêtisier

Discussion des défauts d‘installation rencontrés fréquemment par les contrôleurs-électriciens et comment les éviter ou éliminer d‘emblée.

 


Intervention dans le tableau impossible

L‘électricien a posé son tableau d‘appar­tement tout à fait correctement. Malheureusement il n‘a pas prévu qu‘une armoire allait être posée devant et qu‘un élément de séparation de cette armoire serait fixé devant le tableau.

En voyant cette photo, on ne peut que regretter le manque de communication entre les différents corps de métier. Maintenant le panneau de l‘armoire est découpé et toute intervention de remise en état est compliquée.

Pour rendre conforme cette installation, il y a plusieurs solutions. La première est de déplacer l‘armoire. La seconde consiste à agrandir la découpe devant le tableau d‘au moins 60 cm ce qui n‘est probablement pas possible. La troisième est de déplacer le tableau. Pour cela il faut mettre une boîte à bornes qui doit rester accessible (avec une étiquette « attention plusieurs alimentations » et qui permet de prolonger les canalisations devenues trop courtes. La pose d‘un bout de canal entre cette boîte et le nouvel emplacement du tableau semble inéluctable.

On profitera de ces travaux pour inscrire, comme c‘est devenu obligatoire depuis 2015, la périodicité à laquelle le bouton test des différents DDR doit être actionné (selon la NIBT tous les ans au minimum si le fabricant n‘a rien spécifié et tous les 6 mois – aux changements d‘heures hiver/été – selon l‘ensemble de la corporation). On s‘arrangera également pour faire démonter le tablar sous le tableau qui sinon sera rapidement plus suffisamment accessible ce qui n‘est pas admis dans la NIBT).

Situation et image fournies par
Charlotte Huentemilla
Apprentie installatrice-électricienne

Texte rédigé par
Denis Schneider

EPSIC Lausanne


Longue vie aux improvisations !

Voici une installation faite par un profane qui contient plusieurs défauts. La lampe doit être fixée durablement. Le scotch n’a pas les caractéristiques d’une pose durable. Le risque qu’il se décolle, soit tout seul, soit lors du changement de l’ampoule, est important. Une fois décollé on ne pourra plus le recoller ce qui présentera un risque d’arrachage de l’ensemble de la canalisation électrique.

Il n’y pas besoin d’être un conseiller en sécurité chevronné pour voir que des parties sous tension sont librement accessibles. Pour mémoire des fils avec une isolation simple sont considérés comme des parties sous tension. Un IP 2X (impossibilité de toucher par inadvertance avec un doigt) est obligatoire.

La pose de douille provisoire est tolérée pour des lampes dont on sait que très rapidement elles seront remplacées par des lampes
« normales ». Toutefois elles ne sont pas admises pour des durées de quelques mois.

Pour la remise en conformité de cette installation, soit le client a une lampe compatible avec la sécurité : degré de protection IP 2X au minimum, pièces de fixation durable, raccordements protégés des contacts fortuits et accessibles seulement avec un outil (NIBT 5.1.1.3) et on peut la lui poser dans les règles de l’art. Soit le client n’a pas de lampe, dans ce cas, on isole les fils et on met une boîte de dérivation ou un cache-fils. Dans ce cas il faudra certainement diminuer la longueur du câble.

Situation et image fournies par
Vincenzo Cassela
Apprenti installateur-électricien
Texte rédigé par
Denis Schneider

EPSIC Lausanne

Fiche défectueuse

« Aie aie aie ! Que certaines personnes sont inconscientes des dangers que représente l’électricité ! » C’est certainement ce qu’a dû penser l’électricien qui a découvert ce raccordement.

Les dangers sont multiples et en cas d’accident les risques d’avoir des dommages corporel sont élevés.

  • Les contacts phase, neutre et PE sont accessibles au toucher. Il est difficile pour celui qui veut déconnecter ce cordon de ne pas toucher soit la phase et le neutre ou le PE. Pour mémoire, il est interdit à un profane de toucher des fils isolés, alors directement les contacts… il faut le voir pour y croire.
  • Il est aussi probable que pour déconnecter cette installation, l’utilisateur tire simplement sur les fils, exerçant un effort de traction sur les connexions qui risquent de ne pas le supporter.

A noter qu’au vu de la vétusté du cordon souple et de la prise multiple (type 14) la prise n’est certainement pas protégée par un DDR. En cas de contact rien n’est là pour couper le courant. Avec de la chance la crispation musculaire provoquera un mouvement qui interrompra l’électrisation ce qui diminuera le risque d’une brûlure importante d’un doigt ou plusieurs doigts.

Pour remettre cette installation en ordre, il faut, après avoir coupé le courant, mettre une fiche au bout du câble et utiliser les pièces de serrage du câble pour protéger les connexions des efforts de traction ou de torsion exercés sur la canalisation mobile. Il est conseillé de remplacer ce vieux câble par un modèle plus récent, plus résistant aux contraintes mécaniques. Au vu de ce bricolage, il est impératif de faire un contrôle visuel du reste de l’installation avant qu’un accident grave n’arrive.

Situation et image fournies par
Ismael Fontannaz
Apprenti installateur-électricien
Texte rédigé par
Denis Schneider
EPSIC Lausanne

Armoire de toilette dangereuse !

Lors d‘un passage chez un client, l‘électricien à eu un un petit coup au coeur en découvrant l‘armoire de toilette.
Elle cumule deux dangers , celui d‘incendie et celui d‘électrocution.
Le diffuseur de lumière a visiblement eu beaucoup trop chaud. Que se serait-il passé si de la poussière ou du papier avait été posé sur ce diffuseur ? Il est déformé et ne rempli plus sa fonction.
Pour remédier à cela, la meilleure des solutions consiste à faire changer l‘armoire de toilette au complet, surtout à cause de la présence du second défaut. Une autre solution consiste à remplacer le diffuseur abîmé par un neuf. Mais cela ne sert à rien si on ne change pas la puissance des ampoules. On apprendra au client comment il peut connaître la puissance maximum des sources  de lumière à utiliser (il y a toujours une étiquette l‘indiquant). On lui fera aussi prendre conscience qu‘il ne faut rien entreposer sur le luminaire, car cela bouche les trous d‘aération empêchant la chaleur de s‘évacuer et engendre une augmentation de la température dangereuse.
Le risque d‘électrocution dû à la prise posée à l‘aplomb de la baignoire est évident. La vétusté apparente de l‘installation nous laisse imaginer qu‘il n‘y a aucun DDR en amont de la prise. Dans cette salle de bain, il est très facile d‘utiliser des appareils électriques,  par exemple un sèche-cheveux, en étant dans sa baignoire. Au moindre défaut c‘est la mort comme cela arrive encore trop souvent. La distance entre le bord de la baignoire ou un bac de douche et une prise doit être au minimum de 60 cm. À l‘époque de l‘installation c‘était même certainement 70 cm au minimum !
Pour améliorer le problème de la prise, il y a plusieurs solutions :
On doit impérativement supprimer la prise existante (juste la déconnecter n‘est pas suffisant ; trop de client reconnectent la semaine suivante) et…

  • soit changer l‘armoire de toilette comme indiqué plus haut. Dans ce cas il faudra choisir un modèle avec obligatoirement une protection par DDR 30 mA de la prise. Cette dernière sera sur le côté gauche de cette armoire.
  • soit poser une nouvelle prise à plus de 60 cm, c‘est-à-dire sur le côté gauche intérieur ou extérieur de l‘armoire de toilette.  Comme il ne s‘agit pas de remplacer une prise existante cassée, mais bien d‘en poser une nouvelle, la pose d‘un DDR au tableau ou, si pas possible, d‘une prise « sidos » est indispensable.

 

Situation et image fournies par
Yannick Silva Pereira
Apprenti installateur-électricien
Texte rédigé par
Denis Schneider
EPSIC Lausanne


 

Câble déconnecté.

Lors d‘une intervention l‘électricien a découvert une installation dont le câble pendait librement et sans aucune protection.
Ce genre d‘installation est très dangereuse. C‘est même une des principale cause d‘accident dus à l‘électricité et ceci même si à l‘autre extrémité le câble est déconnecté (par exemple au tableau de distribution). En effet il n‘est pas rare que lors qu‘on cherche à réutiliser ce genre de câble ou de fils, on réalimente des câbles déconnectés dont on ne sais pas où ils vont. Trop souvent on n‘a pas la chance de trouver immédiatement le bon câble et on met sous tension un autre câble qui peut être touché par une personne ou qui touche des parties conductrices mettant en danger toute personne à proximité.
Lorsqu‘on met hors service une installation  ou que l‘on se trouve face à une installation précédemment mise hors service, il faut soit démonter complètement la ligne et pas juste déconnecter les fils, soit mettre l‘extrémité du câble dans une boîte de dérivation IP 2X à l‘abri de tout contact involontaire.

Situation et image fournies par
Vincenzo  Cassela
Apprenti installateur-électricien
Texte rédigé par
Denis Schneider
EPSIC Lausanne


Dépoussiérer plus souvent ?

Voilà une armoire que le contrôleur-électricien a rencontrée dans une menuiserie.
Son installation est couverte de poussière de bois. Ceci présente deux risques :

  • Un risque d‘incendie : Lors d‘un court-circuit, les poussières pourraient s‘enflammer ou lors d’un arc électrique, si l‘on manipule les HPC alors que l’installation est en charge ou lors d’une surchauffe due par exemple à un mauvais serrage ;
  • Un risque d‘explosion : Souvent ce risque est négligé, toutefois les poussières combustibles ( bois, farine, etc..) présentent gros un risque d‘explosion. Il suffirait d’ouvrir le tableau pour les mettre en suspension et selon leur concentration, s’il y a un arc électrique à ce moment-là, elles vont s’enflammer et créer une explosion (dilatation de l’air).

La NIBT prescrit la protection contre la poussière IP 5X, là où des poussières combustibles sont présentes en grande quantité.
Pour mettre en conformité cette installation, il faut soit rendre ce tableau étanche IP 5X ou alors l’installer dans une armoire IP 5X ou mieux encore, le déplacer dans une zone sans poussière.

Situation et image fournies par
Christoph Clerc, Contrôleur-électricien
Texte rédigé par Denis Schneider